Un conflit COMEX qui ne se dit pas. Décisions stratégiques bloquées depuis des mois. Tension palpable en réunion mais personne ne nomme la chose. Symptôme classique, dégâts importants. Voici 5 méthodes pour faire émerger et résoudre.
Comment reconnaître un conflit COMEX non dit
Cinq signaux à surveiller :
- Sujets stratégiques bloqués. Décisions importantes reportées de comité en comité, sans raison logique apparente.
- Tensions latérales. Deux ou trois membres du COMEX se parlent peu en réunion, ne s’invitent jamais en 1:1, communiquent par mail interposé même sur des sujets simples.
- Politesse excessive. Les conversations sont trop policées, personne ne pose les vraies questions, les désaccords sont enrobés dans 5 précautions oratoires.
- Sous-groupes informels. Avant ou après le COMEX, certains se parlent dans le couloir, d’autres pas. Le clivage est visible.
- Le DG ressent le malaise sans pouvoir nommer la cause. Souvent le premier signal : le DG sent qu’il manque quelque chose mais ne sait pas quoi.
Si vous reconnaissez 3 signaux sur 5, il y a très probablement un conflit non dit qui paralyse votre COMEX.
Pourquoi c’est difficile à traiter
Trois raisons rendent ce type de conflit délicat :
- L’ego des dirigeants. Avouer un conflit, c’est avouer une difficulté relationnelle. Compliqué quand on est à un niveau hiérarchique senior.
- La hiérarchie biaise les conversations directes. Un CRO ne dira pas frontalement à un CTO qu’il bloque les décisions. Hiérarchie horizontale rend la confrontation plus difficile que dans une équipe verticale.
- Le risque perçu de tout faire exploser. Beaucoup de DG préfèrent un conflit larvé à une explosion ouverte. Erreur stratégique, mais réflexe humain.
D’où le besoin de méthodes structurées qui désamorcent au lieu d’enflammer.
Méthode 1 : diagnostic amont par tiers neutre
Avant tout séminaire, des entretiens individuels confidentiels avec chaque membre du COMEX, menés par un facilitateur externe. 45 minutes par personne. Confidentialité absolue (le DG ne lit pas la synthèse : il en reçoit seulement les axes).
Ce qu’on cherche : les non-dits, les frustrations, les perceptions divergentes, les blocages perçus. Pas pour les exposer, pour les comprendre.
Output : une synthèse anonymisée qui cadre l’enjeu réel. Souvent, en sortie de diagnostic, l’enjeu déclaré (« on a besoin d’aligner sur la stratégie ») devient l’enjeu réel (« il y a un conflit CTO/CRO qui bloque tout »).
Méthode 2 : Lego Serious Play sur l’identité collective
Une fois l’enjeu cadré, on ne fonce pas tête baissée sur le conflit. On commence par travailler l’identité collective, qui est plus facile à aborder.
Format : matinée Lego Serious Play sur la question « À quoi ressemble notre COMEX dans 18 mois ? ». Construction individuelle puis modèle partagé.
Effet : la construction métaphorique permet d’exprimer des choses qu’on ne dirait pas en mots directs. Les frustrations émergent par les briques. La parole qui suit est plus libre parce qu’elle a un support.
Voir le cas client « COMEX : désamorcer un conflit non dit » pour un exemple concret avec Lego Serious Play.
Méthode 3 : Cercle Samoan sur le sujet sensible
Une fois l’identité collective travaillée et l’énergie installée, on peut aborder le conflit directement. Mais pas en confrontation frontale : en Cercle Samoan.
Format : cercle intérieur de 3-4 chaises (dont 1 vide). Les autres en cercle extérieur, en écoute. Question posée par le facilitateur : « Qu’est-ce qui bloque nos décisions actuellement ? ». Conversations courtes (5-10 min). Rotation possible (chaise vide).
Effet : peu de personnes parlent à la fois, beaucoup écoutent. La discipline de l’écoute désamorce la confrontation. Les positions s’expriment, les arguments se croisent, le « qui a raison » disparaît au profit de « comment on avance ».
Méthode 4 : Feedback Wrap croisé
Quand le conflit implique 2-3 personnes identifiées, on peut conclure le séminaire par un Feedback Wrap croisé en présence du DG.
Format : chaque personne donne un Feedback Wrap structuré à l’autre, suivant les 5 étapes (Contexte, Observations, Émotions, Valeurs, Suggestions). En présence du DG comme témoin et garant.
Sortie : engagements écrits mutuels pour les 18 mois à venir. Modes de fonctionnement explicites.
Précaution : ne pas faire en début de séminaire. Le Feedback Wrap demande une qualité d’écoute qui se construit dans la journée.
Méthode 5 : suivi trimestriel ritualisé
Un séminaire de 1 ou 2 jours peut désamorcer un conflit installé. Mais sans suivi, les vieilles habitudes reviennent en 6 mois.
Format : point de COMEX trimestriel d’1h dédié au « comment on travaille ensemble » (et pas « qu’est-ce qu’on décide »). Méthode légère : Boussole 4C + Feedback Wrap rapide.
Effet : le rituel rend explicite ce qui est habituellement implicite. Les frustrations se traitent à chaud, pas à 6 mois.
Ce qu’il ne faut pas faire
Cinq erreurs fréquentes face à un conflit COMEX non dit :
- Espérer que ça passe tout seul. Les conflits non dits ne se résolvent pas naturellement. Ils s’installent.
- Le traiter en 1:1 avec le DG. Le DG n’est pas neutre. Et il fatigue à porter seul ce qui doit se dire collectivement.
- Faire un team building « fun ». Du bowling ou de l’escape game ne désamorce pas un conflit, ça le met sous le tapis pour 24 heures.
- Confronter directement en COMEX. Sans cadre méthodologique, la confrontation frontale en plénière humilie au lieu de résoudre.
- Choisir un coach individuel pour les protagonistes. Utile en complément, pas en substitut. Le conflit est collectif, le travail doit être collectif.
Combien de temps pour résoudre ?
Un dispositif type pour un COMEX en conflit non dit :
- Semaines 1-2 : diagnostic individuel.
- Semaine 3-4 : séminaire 1 journée intensive (Lego + Cercle Samoan + Feedback Wrap).
- Semaine 8 : point d’étape à J+30.
- Trimestre suivant et après : rituel COMEX trimestriel d’1h sur le « comment ».
Coût total : 8 500 € HT pour le séminaire + diagnostic + suivi 8 semaines. Le rituel trimestriel peut se faire en interne ou avec accompagnement externe ponctuel (1 500 € HT par session).
Conclusion
Un conflit COMEX non dit ne se traite pas par la confrontation frontale, mais par un dispositif méthodologique structuré : diagnostic neutre, méthodes désamorçantes (Lego, Cercle Samoan), engagements écrits (Feedback Wrap), suivi ritualisé.
L’investissement (10-15 K€ HT, 8 semaines) est négligeable comparé au coût de 6 à 12 mois de COMEX paralysé.
Réservez 15 minutes confidentielles pour échanger sur votre situation. NDA mutuel possible. Ou voir le cas client « COMEX : désamorcer un conflit non dit ».
Questions fréquentes
Le facilitateur peut-il garantir la confidentialité ?
Oui. NDA mutuel signé avant tout diagnostic. Les entretiens sont anonymisés. Le DG reçoit les axes, pas les verbatims. C’est non négociable.
Un membre refuse de participer, on fait quoi ?
On reporte. Si le séminaire se fait sans une partie prenante du conflit, on aggrave. Le DG doit cadrer la participation comme non négociable.
Et si le conflit est avec le DG lui-même ?
Cas plus délicat. On travaille alors avec un facilitateur senior, en cadrant explicitement avec le DG sa propre place. Possible mais demande une maturité élevée du DG.
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Yoan Lureault facilite des séminaires stratégiques en Normandie depuis 2011. Pour discuter de votre prochain séminaire, prenez un appel de cadrage de 30 minutes — gratuit, sans engagement.